Voici le monument le plus célèbre de Monte-Carlo. Au milieu du XIXe siècle, Monaco est pauvre : Menton et Roquebrune, qui assuraient ses revenus, ont fait sécession. Le prince Charles III parie alors sur le jeu et les bains de mer. En 1863 naît la Société des Bains de Mer, confiée à l’homme d’affaires François Blanc, qui a déjà fait fortune à Bad Homburg. Le plateau des Spélugues, alors couvert d’oliviers, est rebaptisé Monte-Carlo en 1866 en l’honneur du prince. L’arrivée du train, en 1868, attire l’aristocratie européenne, et le succès est tel que les Monégasques sont dispensés d’impôts directs à partir de 1869. Le bâtiment, remanié par Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra de Paris, brille de dorures, de vitraux et de peintures. Anecdote : les Monégasques eux-mêmes n’ont pas le droit de jouer au casino. Le matin, les salles se visitent en toute tranquillité ; le soir, la façade illuminée et les voitures de luxe devant l’entrée offrent un spectacle à part entière.
Histoire
Pour comprendre ce bâtiment, il faut revenir en 1848. Cette année-là, Menton et Roquebrune se déclarent villes libres. Elles représentaient environ 80 % du territoire monégasque et l’essentiel de ses revenus agricoles. Privée de ressources, la principauté doit se réinventer.
Le futur prince Charles III mise sur les loisirs d’une clientèle étrangère fortunée. Un premier casino ouvre en décembre 1856 dans une modeste maison de La Condamine, la villa Bellevue. Les débuts sont difficiles : pas de route digne de ce nom, peu d’hôtels, et des concessionnaires qui se succèdent sans réussir. En 1863, le prince se tourne vers François Blanc, qui dirige avec succès le casino de Bad Homburg, en Allemagne. Blanc obtient une concession de 50 ans et prend la tête de la Société des Bains de Mer, fondée la même année. Le jeu s’installe sur le plateau des Spélugues, rebaptisé Monte-Carlo le 1er juillet 1866, et l’arrivée du train en 1868 fait décoller l’entreprise.
Art et architecture
Le casino que vous voyez est le fruit de plusieurs campagnes de travaux. En 1878 et 1879, il est transformé et agrandi par Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra de Paris, et par Jules Dutrou. Garnier ajoute côté mer la salle de spectacle qui porte aujourd’hui son nom, tandis que Dutrou redessine les salles de jeu côté place.
D’autres agrandissements suivent, notamment ceux de Charles Touzet en 1889 et 1890, jusqu’en 1910, date à laquelle l’édifice prend sa forme actuelle. Malgré ces ajouts, l’ensemble garde une grande unité, dans le style Beaux-Arts du Second Empire finissant et de la Belle Époque : dorures, stucs, vitraux, peintures et sculptures.
Anecdotes
Le nom même du plateau a une histoire. Spélugues vient d’un mot latin signifiant grotte, car la falaise en était criblée. Mais en allemand, le mot évoquait un lieu mal famé, et François Blanc conseille au prince de choisir un nom plus flatteur : ce sera Monte-Carlo, le mont Charles.
Le casino a aussi ses légendes. En 1873, l’ingénieur anglais Joseph Jagger repère une roulette légèrement déséquilibrée et « fait sauter la banque ». À l’été 1913, la bille tombe 26 fois de suite sur le noir, et bien des joueurs se ruinent en pariant que le rouge va forcément sortir : les statisticiens appellent aujourd’hui cette erreur de raisonnement le sophisme du joueur. Enfin, les méthodes de calcul par tirages aléatoires utilisées en physique s’appellent « méthodes de Monte-Carlo », en clin d’œil à ce lieu.
Dernier détail étonnant : les Monégasques n’ont pas le droit de jouer dans les salles de jeux de leur pays, une règle ancienne confirmée par une loi de 1987.
À regarder sur place
Depuis la place, observez la façade encadrée de ses deux tourelles, et l’horloge au centre. Faites ensuite le tour par la droite jusqu’à la terrasse côté mer : la façade y est différente, plus ornée, car c’est celle de la salle Garnier. La vue s’étend sur la Méditerranée et, par temps clair, jusqu’à la côte italienne.
À l’intérieur, l’atrium de marbre, entouré de colonnes, mène aux salons. Levez les yeux vers les plafonds peints et les verrières.
Pratique
Le casino se trouve place du Casino, à quelques minutes à pied du port. Les salles se visitent habituellement le matin, avant l’ouverture des jeux, avec un billet d’entrée. Les salles de jeux sont réservées aux personnes majeures, sur présentation d’une pièce d’identité, et une tenue correcte est exigée, plus stricte le soir. Horaires et tarifs changent selon la saison : vérifiez-les sur le site officiel de Monte-Carlo Société des Bains de Mer (montecarlosbm.com) avant de venir.
Aux alentours
Juste à côté, vous pouvez enchaîner avec l’Opéra de Monte-Carlo, qui occupe l’aile côté mer, l’Hôtel de Paris et les Jardins du Casino. Pendant le Grand Prix de Monaco, les voitures passent juste devant la place : c’est le célèbre virage du Casino.


Sur place, cherchez : Trouvez les deux tourelles de la façade et photographiez-les.
Testez-vous
Quel prince a misé sur le jeu ?
- Albert II
- Charles III (réponse)
- Louis II
Quel architecte l’a remanié ?
- Charles Garnier (réponse)
- Gustave Eiffel
- Le Corbusier
Ancien nom du plateau ?
- Le Rocher
- Les Moneghetti
- Les Spélugues (réponse)
Sources
- Wikipédia : Casino de Monte-Carlo
- Wikipedia: Monte Carlo Casino
- Wikipédia : Plateau des Spélugues
- Monte-Carlo SBM : tarifs et conditions d’admission
Informations vérifiées le 30 septembre 2026.
