Accroché à la falaise, à quatre-vingt-cinq mètres au-dessus des vagues, ce palais de pierre est dédié à la mer. Il a été voulu par le prince Albert Ier, qu’on surnomme le prince savant. Passionné d’océanographie, il mena des dizaines de campagnes scientifiques à bord de ses yachts, remontant des abysses des créatures inconnues. Le musée ouvre ses portes en 1910, après plus de dix ans de travaux, et sa façade porte les noms des navires qui ont servi la science. De 1957 à 1988, il est dirigé par le commandant Jacques-Yves Cousteau, qui en fait une référence mondiale. Aujourd’hui, l’aquarium présente des milliers d’animaux, du lagon tropical aux eaux de la Méditerranée, avec un bassin aux requins spectaculaire. Aux étages, vous découvrirez squelettes de baleines, instruments anciens et cabinets de curiosités. Ne manquez pas le toit terrasse : la vue embrasse le Rocher, le port et, par temps clair, la côte italienne. Les enfants adorent le bassin tactile, où l’on peut effleurer certains animaux.
Histoire
Le prince Albert Ier consacre une grande partie de sa vie à la mer. Dès 1885, il songe à créer à Monaco un laboratoire de biologie marine. L’idée mûrit après le succès de ses collections scientifiques à l’Exposition universelle de Paris, en 1889 : il veut un lieu pour les montrer et faire connaître la mer au public. La première pierre est posée le 25 avril 1899, et le musée est inauguré le 29 mars 1910.
À l’inauguration, Albert Ier invite les grands océanographes de son temps. De ces rencontres naîtra l’idée d’une commission scientifique consacrée à la Méditerranée, qui existe toujours. De 1957 à 1988, le musée est dirigé par le commandant Jacques-Yves Cousteau. Il fête son centenaire en 2010, après une importante rénovation.
Art et architecture
Les plans sont dessinés par l’architecte français Paul Delefortrie. Le chantier dure 11 ans, car il faut bâtir à flanc de falaise, depuis le niveau de la mer jusqu’à 85 mètres de haut, tout en respectant les Jardins Saint-Martin voisins. Le bâtiment, long de 100 mètres, est construit en pierre blanche de La Turbie, avec du calcaire de Brescia pour les colonnes et le grand escalier.
Sur la façade principale, deux groupes sculptés par Gustave Dussart ont été dévoilés en 1903. Tout en haut, la frise porte les noms d’une vingtaine de navires de recherche océanographique, choisis par Albert Ier lui-même.
Anecdotes
Les campagnes du prince ont servi la médecine. Des observations faites à bord de ses navires ont conduit à comprendre le phénomène de l’anaphylaxie, qui a valu au docteur Charles Richet le prix Nobel de médecine en 1913. Au premier étage, la salle consacrée à la carrière de marin d’Albert Ier présente le laboratoire de L’Hirondelle, son premier yacht de recherche.
Le musée aime aussi l’art contemporain. Pour le centenaire, Damien Hirst y expose Cornucopia, et l’artiste chinois Huang Yong Ping y suspend plus tard une immense créature de 25 mètres, mi-pieuvre mi-seiche, dans le salon d’honneur.
Autre épisode moins glorieux : en 1989, une biologiste repère au pied du musée une algue tropicale, Caulerpa taxifolia. L’origine exacte de cette introduction reste discutée.
À regarder sur place
En bas, l’aquarium présente les écosystèmes de la Méditerranée et des mers tropicales, avec le lagon aux requins et son récif de coraux vivants. L’aquarium participe à des programmes de conservation : ferme à corail, reproduction de poissons-clowns, d’hippocampes ou de seiches.
Aux étages, prenez le temps de voir les squelettes de grands animaux marins, les maquettes de navires et les instruments scientifiques. Terminez par la terrasse sur le toit : le regard porte sur le Rocher, le port et toute la côte.
Pratique
Le musée se trouve avenue Saint-Martin, au bord de la falaise, à environ 10 minutes à pied de la place du Palais par les ruelles ou par les Jardins Saint-Martin.
Comptez au moins 2 heures de visite. Le musée est habituellement ouvert tous les jours, mais horaires et tarifs varient selon la saison : vérifiez-les sur le site officiel oceano.org, où l’on peut aussi réserver ses billets.
Aux alentours
Le musée appartient à l’Institut océanographique, fondation créée par Albert Ier, qui poursuit son travail de diffusion des connaissances sur les océans. Pour compléter, les Jardins Saint-Martin, juste à côté, accueillent une statue du prince navigateur, et la cathédrale, toute proche, abrite son tombeau.
Si les cabinets de curiosités vous plaisent, sachez qu’en 2011 l’artiste américain Mark Dion a conçu pour le musée, avec l’exposition Oceanomania, un cabinet géant de 18 mètres de large et 10 mètres de haut, rempli de pièces des collections : maquettes, bocaux, instruments. Le musée reçoit aujourd’hui plus de 600 000 visiteurs par an, venez tôt le matin pour profiter des salles au calme.


Sur place, cherchez : Sur la façade, trouvez le nom d’un navire du prince Albert Ier.
Testez-vous
Qui a fondé le musée ?
- Albert Ier (réponse)
- Charles III
- Rainier III
Quel célèbre commandant l’a dirigé ?
- Jacques-Yves Cousteau (réponse)
- Jules Verne
- Éric Tabarly
En quelle année a-t-il ouvert ?
- 1863
- 1910 (réponse)
- 1985
Sources
- Wikipédia : Musée océanographique de Monaco
- Wikipedia: Oceanographic Museum of Monaco
- Musée océanographique : infos pratiques
Informations vérifiées le 30 septembre 2026.
